I am...

  • : Le blog de Jade
  • jadehope
  • : Vie perso / Journal intime
  • : Jade allait devenir celle qu'elle avait toujours voulu être : une femme libre et libérée. Le lourd carcan érigé autour d'elle depuis si longtemps venait enfin de se briser, après un long et fastidieux travail. Jade était devant la porte de sa destinée et s'apprêtait à la pousser. Mais elle ne le ferait pas seule, elle le ferait avec vous. Parce que Jade aimait partager et donner. Donner tout son amour était l'une de ses priorités. La porte était lourde, mais de moins en moins lourde...
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Recherche

Aujourd'hui, nous sommes le...

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Resistance ...

Mercredi 18 novembre 2009

Ceci est mon dernier post. Jade va disparaître à tout jamais. Je déteste les adieux, aussi, je pars très vite, comme une voleuse, sans me retourner. J'ai juste pris soin de noter quelques-unes de vos adresses, pour ne plus jamais être seule. Un phoenix renaît toujours de ses cendres, et c'est le coeur léger que je vais me reconstruire, car aujourd'hui, il me faut me reconstruire. Les lourdes portes se sont enfin ouvertes, mais je n'ai pas trouvé derrière ce que j'attendais, ni même celui que je cherchais. J'ai cru un très court instant l'apercevoir, mais je me suis grandement trompée. J'ai vécu très libre ces derniers temps, mais ce n'est pas cette liberté que je cherche, car elle détruit tous ceux que j'aime. Celle-là même dont je parle est tout autre, et jamais elle ne m'empêchera d'user et d'abuser de mon corps, mais lors de jeux consentis ensemble. Je suis aujourd'hui bien plus forte qu'hier, et bien plus sereine. J'ai de nouveau envie de rire et plus que jamais de danser. Mon énergie est décuplée et je sais à qui la dédier. Je ne vous quitte pas triste, sachez que je suis heureuse, et apaisée. Une page se tourne, et déjà je regarde au loin. Alexis, je devine ta silhouette dans les brumes, tout au pied des falaises vers lesquelles je me dirige, parce qu'il me faut te chercher. Je sais ce que tu vas me dire, et je sais que je t'écouterai, comme aurait pu le faire ta fille. Lew et Alex, vous vous êtes réfugiés le temps d'un orage, dans cette toute petite cavité, à même la roche, et je vois bien l'air étonné des quelques badauds qui traînent encore leurs guêtres à cet endroit et en cette heure tardive. Laissez-les dire, vous avez bien mieux à faire. Charlotte n'est pas bien loin, elle joue avec les embruns violets, qu'elle essaie de recueillir un à un, méthodiquement, pour en séparer les ions, tous positifs, qu'elle nous distribuera ensuite, et dont je me laverai. Bien au delà des mers, je sais que Stephan vogue, et me veille, la loupiote de ses idéaux est toujours allumée et m'aide à garder le cap. Je ne vous quitte pas pour vous oublier, mais pour mieux vous retrouver, accordez-moi votre confiance. Je vais juste m'isoler quelques heures, car ma peau a bien vieilli et j'en ai une toute neuve à endosser. Il me faut m'épurer et ne plus m'encombrer. Je ne recommence rien, mais je continue tout. Il y a une dernière chose que je voulais vous dire. Je ne sais m'habiller que de noir et de beige, mais hier, en déposant de gros colis à la croix rouge, parce que Noël approche et que je ne cesse de penser à ces enfants qui n'auront pas la chance du mien, et c'en est un crève-coeur pour moi, j'ai fait l'acquisition d'un pull orange, que je ne quitte plus. Je ne l'ai pas volé. Une autre chose encore, dont je ne vous ai jamais parlé. Ma grand-mère maternelle fut pour moi bien plus qu'une mère, puisque ma mère s'est perdue. Je ne l'ai jamais quittée, elle est comme incrustée en moi, pour toujours. Je l'ai veillée jusque dans l'au-delà, et ce pendant de très longs mois, tous les jours que Dieu fit, et croyez-moi, ils furent nombreux. Alors, j'ai pu absorber toute sa substance, son extrême bonté, son sens aiguisé de la droiture, sa très puissante volonté. Aujourd'hui, je suis très forte de ces qualités-là, ce sont mes armes et je voudrais l'en remercier. Mais de cela, je vous reparlerai, ma nouvelle peau endossée. Mon corps n'est pas un hôtel, mais mon coeur est un havre, où vous pourrez de nouveau vous reposer, si vous le souhaitez. J'aimerais terminer ce post ainsi. Je souhaitais un cagibi dans Paris avec une rosace au plafond, mais tu dis vouloir m'offrir plus de cinq pièces, donc plus de cinq rosaces et plus de cinq plafonds riches de moulures et de corniches, parce que tu dis m'aimer, et que toi seul a le pouvoir de me faire passer du rêve à la réalité. J'ai pris sept semaines de réflexion, à défaut de sept ans, et j'accepte ces cinq rosaces, garantes de mon intégrité. Alexis, Alex, Lew, Charlotte, Stephan, attendez-moi bien à l'abri de ces vents tumultueux, je ne serai pas longue...



Par Jade - Communauté : Alexis hayden
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires - Recommander
Samedi 14 novembre 2009

Il n'y a pas que mes chairs intimes qui savent vibrer, mes muscles aussi me mettent à rude épreuve, à moins que ce ne soit moi qui mène la danse et vu le contrôle que j'exerce démesurément sur mon apparence physique, je penserais plutôt ainsi. Il me faut bien contrôler une chose ou deux ici-bas, histoire de croire en mon importance et il m'est aisé de me soumettre à moi-même. Ce matin, un rayon de soleil balayait mon réveil et se mettait à raser les murs. J'ai donc décidé d'aller voir de plus près à quoi cela ressemblait un timide rayon de soleil qui s'aventure en pleine nature. Mes New Balance n'ont pas eu longtemps à attendre, et à peine chaussées, elles me poussaient déjà dehors, les yeux encore gonflés de sommeil, mais magnifiquement fardés, parce que j'ai toujours espoir de rencontrer Viggo, dans mon parc à moi. Il est vrai que bien souvent on me regarde étrangement, parce qu'une joggeuse au visage si apprêté, cela peut surprendre. Mais en même temps, c'est une façon de vous plaire et de vous être agréable, messieurs-dames qui courez. Marteler le sol, m'engluer dans la glaise, frapper du sédiment, heurter du macadam, humer les vapeurs humides et lourdes, me retrouver. Toujours cette violence, qui transparaît souvent dans mes écrits, que je ne saurai taire, partie intégrante de mon existence, qui me fait vivre et dont je me nourris. La performance à tout prix, se transcender, atteindre un objectif, se fixer un but et ne jamais renoncer. Je ne travaille pas, je cours. Attentive à chaque muscle, à l'écoute de mes sensations, plus proche de moi-même que jamais, une mécanique bien rodée, à défaut de bien huilée. Pas de faux-semblants, aucune triche, mon corps ne m'a jamais menti. Je cours et je lave mes tripes, j'apaise mes neurones, je dynamise mes cellules, je renforce mon immunité, j'ouvre mes chakras. Déesse des joggeurs, tu as du te pencher fortement sur mon berceau, quand je ne savais pas encore qui j'étais, et que je soupçonnais à peine mon existence. Je ne te remercierai jamais assez, car, chaque sentier parcouru, chaque pas effectué, chaque battement de coeur accéléré, chaque souffle perdu, mais bien vite retrouvé, chaque victoire sur moi-même, sont autant d'étoiles qui parsèment ma voûte céleste. Une énergie qui s'auto renouvelle, qui jamais ne fait défaut et que je vais puiser parfois très loin. Ce jeu-là en vaut la chandelle, et si mon ami Pierrot ne me prêtait plus sa plume pour vous écrire un mot, ma si fidèle amie aux pieds d'argent, pour ne pas dire ailés, me chausserait de ses ors les plus vifs, pour vous retrouver toujours, où que vous soyez. Alors, je suis reconnaissante d'être née quelque part, chaussée de mes si jolis pieds, garants de mes avancées quotidiennes et de mes stupéfiantes découvertes, car je vais toujours plus loin, charivari d'endorphines oblige. Ma vie n'est pas un champ de course et pourtant je n'y fais que passer très vite, tous mes sens en alerte, happant chaque parcelle étincelante du ciel de mes émotions et de mes sentiments. Je sais ce que veut dire souffrir, parce que je cours, mais je sais aussi ce que veut dire vaincre, parce que je cours...





Par Jade - Communauté : trop dure la vie....
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Samedi 14 novembre 2009
En attendant mon post d'aujourd'hui, qui vous parlera de mes muscles, une fois n'est pas coutume, et qui sera à nouveau fortement illustré, pour les adeptes, je vous laisse vous imprégner de ceci, qui laisse à réfléchir. Le son à fond, c'est mieux. A tout à l'heure. Jade.



 
Par Jade - Communauté : Alexis hayden
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 10 novembre 2009

Hier, tu disais que tu ne m'aimais plus autant, parce que tu souffrais trop, et que tes souffrances avaient entaché ton amour pour moi. Je crois que c'est à célébrer et j'en suis sincèrement heureuse pour toi, car tes souffrances pourraient alors s'arrêter là, sur le pas de la porte. Hier, tu disais que je n'avais pas de couilles, et j'espère que vous me pardonnerez ce langage. Certes, j'aurais du mal à en avoir, et je crois que bon nombre d'entre nous en sommes bien persuadés ici. Mais j'ai du courage, à défaut, et j'ai bien moins peur, car hier soir, je crois avoir entendu ce que je voulais entendre. Je n'aurais pu me résoudre à m'envoler si tu avais été à mes côtés, prêt à tout pour me garder, mais ton amour ne fut pas assez fort, ou pas comme je l'attendais. Je ne te quitte pas, je pars, et la nuance est importante. Mon curriculum vitae est prêt, et c'est toute l'existence qui me reste à parcourir que je vais offrir. Je préfère aujourd'hui vivre de mes tripes, d'orgasmes et d'extases, bien avant qu'il ne soit trop tard. J'ai à remercier ici cinq ans de psychanalyse, qui m'ont ouvert l'esprit démesurément, mais j'ai aussi à remercier l'éducation de mes parents, dont je me suis tant plainte, et qui a fait de moi quelque part celle qui aujourd'hui vous écrit de sa plus libre plume. Peu d'hommes ont accès ici-bas à cette large vision des choses car depuis tout petits, notre société leur inculque la notion étriquée de la propriété, et quelques valeurs morales qui ne sont là que pour la servir. Je me suis affranchie de ce dogme là, et aujourd'hui, les yeux emplis de larmes, je peux vous dire que je suis libre. Tu n'as ni la force, ni l'envie, de supporter ce que je te demande, et je crois tout à fait te comprendre, car je fus moi aussi un général, à vouloir tout régir et commander, à ne jamais vouloir sortir de nos droits rails, à t'imposer des règles sans fondement aucun, parce que cela me chantait, sûrement, et que dame société guidait mes pas, trop hésitants. Aujourd'hui, je te rends à toi-même, tu feras bien comme tu voudras, tu iras bien où tu voudras. Je ne souhaite que ton bonheur, et je n'ai aucune tristesse, car la vie que je construis est un temple de liberté. J'ai tellement d'amour à donner. Aujourd'hui enfin, je vais pouvoir le disperser et l'essaimer, et rendre heureux, qui voudra bien. Tendre amour, je ne t'oublie pas, je ne t'oublierai jamais, malgré ce que tu peux croire ou penser, mais je ne peux plus être exclusive, nous nous sommes faits bien trop de mal, pardonne-moi. La vie que tu vas mener sans moi sera légère, car tu n'auras plus à m'endurer, tu n'auras plus à te servir de ce terrifiant regard, que quelque part j'ai peut-être aussi voulu fuir, tu n'auras plus à me brandir des théories que je ne comprends plus et que je ne souhaite plus. Peut-être ai-je moi aussi fini de t'aimer, du moins passionnément. Alors, nous sommes sur la même longueur d'ondes et c'est déjà beaucoup. J'emporte avec moi des souvenirs, mais des plus suaves, je saurai effacer les plus amers, ils ne m'intéressent déjà plus.Tu ne m'aimes plus autant, alors la vie te sera douce jusqu'à l'heure de mon départ venue, car tu auras toute ma tendresse, cher homme de ma vie. Je ne t'oublierai pas, laisse-moi juste recouvrer ma liberté, elle m'est plus importante que notre amour, tel qu'aujourd'hui, je l'entrevois. Tu ne peux pas me suivre, là où je vais, car je vais bien trop loin pour toi...




Par Jade
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Lundi 9 novembre 2009

J'imagine que tout un chacun aurait atterri dans le service radiologie d'un très grand professeur, à ma place. Parce que mes jolis orteils méritent bien les services d'un très grand professeur. Mais ce matin, j'avais mieux à faire que de rencontrer quelques blouses blanches, bien que dorénavant, je pense toujours à Alex, quand je franchis les murs des hôpitaux, puisque pour beaucoup ils sont à franchir et même à surmonter. Je n'ai jamais eu peur de ces murs grisonnants, ni de ces vagues fantômes qui déambulent dans les couloirs, ils aident à vivre et à mourir, et je voudrais ici les en remercier. Mais il se trouve que le bleu violacé dont se teintaient de plus en plus mes gracieux orteils, me semblait tout à fait pouvoir mettre en valeur le bleu grisé de mes yeux. Je l'ai donc utilisé ainsi, plutôt que de courir je ne sais où, à la recherche d'un très beau médecin, que je n'allais pas forcément trouver. Mon Canon n'était pas bien loin, vous vous en doutez bien, puisqu'il me sert à respirer, tout comme mon Mac et mon I pod. Alors, j'ai cliqué. Neuf fois, peut-être neuf fois de trop, vous saurez en juger, mais en tout cas, la preuve par neuf. Il y eut tout d'abord de la neige, sur les contours de mon miroir, parce que je l'ai un peu trop abandonné ces derniers temps. Il y eut tout à coup du brouillard, floutant les traits nets de mon visage et une histoire de machine à laver qui ressemble à un moteur d'avion quand elle essore mes larmes. Mais rassurez-vous, je n'avais aucune envie de pleurer ce matin, juste envie de l'escalader, pour me mirer du haut de ses moteurs. C'est puissamment grisant un décollage de machine à laver, mais cela tout le monde le sait. En revanche, essayez-donc un toit de voiture, c'est fort étrange, on s'y enfonce comme dans  la vase, alors qu'on pourrait croire s'y fracasser les reins. Mais que de digressions aujourd'hui sur mes écrits, pardonnez-moi. Je n'ai rien retouché, je me livre à vous comme je suis, telle que j'aimerais me donner. J'aurais pu écrire "à vendre", mais je préfère de loin me donner. A vous d'autant plus. Alors, mettez vos lunettes, pour ceux qui en portent, et venez me retrouver sur ma machine à laver. J'aime particulièrement l'une des photos, car elle est vraiment moi ou je suis vraiment elle, mais je ne vous dirai pas laquelle, car j'ai bien trop peur de vous influencer. Ce matin, quand vous partiez travailler, je jouais avec mon image, sur le toit de ma machine à laver et voilà ce que ça donne, et voilà ce que je vous donne. Quelque part, un grand professeur aura manqué un rendez-vous, il n'aura pas pu ausculter mes jolis orteils, mais il ne le sait pas, donc cela n'est pas très important. Il m'attendra, j'irai lui rendre visite un peu plus tard, je le lui promets. Aujourd'hui, j'avais mieux à faire, mes orteils attendraient bien, ils guériront tous seuls, j'ai confiance en eux, ils ne m'ont jamais trahie, et déjà, j'arrive presque de nouveau à danser, à défaut de marcher. Aujourd'hui, j'avais à me donner, et demain, j'aurai encore à me donner...









Par Jade - Communauté : Relations amoureuses
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Samedi 7 novembre 2009

Je ne pensais pas vous écrire ce soir, parce que j'avais à digérer des mains ailées, dont les doigts sont d'or et qui hier m'ont sculptée et façonnée jusqu'aux limites de mes jouissances et de mes souffrances. Mais voilà, ce n'est pas moi, je ne suis pas secrète et j'ai envie de le crier, si ce n'est de le hurler. Qu'ai-je donc à hurler ? Des envies de bals masqués, des regards intenses et qui me mettent à nue, qui savent me déchiffrer et me détourer, terme fort barbare et langage des photographes, comme personne, des paroles chargées de sens et de double sens, mais toujours chaleureuses, qui m'apaisent et me calment, sans que cela ne soit jamais perçu. Hurler des frissons à n'en plus finir, des Jade murmurés dans un dernier souffle, des bras qui se tendent et qui me happent, des crocs qui s'enfoncent de plus en plus fort dans ma tendre et ferme chair, des baisers qui m'aspirent et qui me vident de mon sang, car ce sont des baisers de vampire. Crier des taxis à n'en plus finir, des étreintes rapides sur le pas des portes, un dernier baiser sur le seuil de l'ascenseur, de ceux qui s'envolent, et que l'on souffle vers une silhouette qui déjà n'est presque plus, des périphériques surchargés, des nationales cent dix-huit à ne plus emprunter. Hurler des airs de Muse, Placebo ou Kathy qui s'époumonent, le plus près possible de tous mes osselets, des pas rapides et décidés, à moins qu'ils ne soient envolés, des regards électriques que je jette à tous ceux qui croisent mes yeux bleu cendré, parce que l'automne les grise et à qui je dis qui je suis, des regards enivrants que je lance violemment à qui voudra bien les attraper. Crier mes envies de liberté démesurée, hurler toute la puissance qui m'envahit et dont je m'emplis à la manière d'une assoiffée, vibrer de toutes mes cordes, brûler de tous mes feux, aimer de toutes mes chairs et désespérément. Il me fallait donc vous écrire et jeter pèle-mêle sur ce brouillon virtuel et pourtant si vrai, tout ce que j'éprouve, parce que là est mon essentiel et là sont mes batailles. Mes chairs ne renonceront pas, car elles sont affamées. Mon corps me guide et je l'écoute. Je ne livre plus aucun combat contre moi-même, ni contre aucun moulins à vent. J'écouterai mes révoltes, mes désirs, mes pulsions, mes folies. Je ne lutte pas entre ses mains, celles-là mêmes qui pourtant me maintiennent si fermement quand je me débats, celles-là mêmes qui savent se faire si douces quand je le supplie. Il me faut savoir encore, apprendre insatiablement, être à l'écoute de ses mots et de ses trémolos, lui parler et lui dire, pénétrer ses yeux, et m'abandonner, à l'infini. Je ne vous écris plus, mon corps vous parle par je ne sais quel miracle, ou truchement des voies impénétrables de notre reine informatique. Je viens de m'envoler, très loin, entre ses mains, dont les doigts sont d'or. Je viens de m'évader tout près, pour le blottir encore dans les plus profonds abîmes de mes reins, là où il vient mourir et se nourrir. Je viens ce soir vous avouer mes fantasmes les plus fous, mis en scène par Kubrick, les yeux grandement fermés. Qu'ils me prennent et ne me relâchent plus et qu'ils me mènent là où je sais qu'ils me mèneront. Je ne sais plus comment vous dire ce que je veux et qui je suis, car j'évolue à l'infini, à l'infini de ses dix doigts, à l'infini de ses regards...

Par Jade - Communauté : Relations amoureuses
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Jeudi 5 novembre 2009

Je ne sais pas vous raconter Venise, je ne peux pas vous dire la Sérénissime. C'est une histoire entre elle et moi, qui ne se lit pas, qui ne s'écoute pas mais que je vis depuis mon retour, intensément et sans détour, de toutes mes tripes et de tous mes organes. Car les murs ont parlé, j'ai pu les pénétrer, et y croiser, dans une antichambre, aux fresques grises et monochromes, ce cavalieri servanti, celui dont je brûle d'envie de vous parler, celui qui a reconnu en moi, sa cortigiana, celui qui sait qui je suis et qui me conduit là où je souhaite aller, celui qui ôtera mon masque, quand il jugera le moment bienvenu, celui qui de ses dix doigts, me fait perdre la raison, celui qui de son regard me déshabille à l'infini et qui de sa voix douce et grave m'enveloppe d'une caresse absolue. Ce cavalieri servanti est à Venise, incrusté dans un mur, à tout jamais, mais j'ai su le trouver, et m'emplir de tout ce qu'il a bien voulu me donner. Je vous écris de ma cuisine, où ma chaise paillée a bien du mal à me supporter, car je suis fort agitée, à satisfaire toutes mes envies. Mes mains expertes ne savent plus m'aider à consumer tous mes désirs. Alors, j'imagine, Venise et ses décadences, ces femmes éprises et qui se cachaient, ces hommes masqués qui n'avaient de cesse de les combler, ces luttes intestines qui plongèrent bien plus d'une courtisane dans l'infini de ses jouissances. Mes entrailles m'étouffent, et c'est un insupportable supplice de souffrir de telles étreintes de leur part, car je ne souhaite que m'ouvrir à des plaisirs sans limites. Mes mains ne sont plus, elles sont devenues les automates de mes orgasmes, travaillant avec minutie et perfectionnisme, ce qui doit l'être, et à ta place, elles se font l'artisan de mes vastes coulées de sève et de mes immenses flots de râles, qu'il m'est atrocement difficile de vous décrire. Les mots m'échappent, je ne contrôle plus mon verbe, mes sens explosent et Laura Pausini ne suffit plus à couvrir mes soupirs. Je veux brûler, encore, encore, encore. Je veux que tu m'enseignes tout ce que tu as vécu et tout ce que tu sais, il mio cavalieri servanti. Il est de ton devoir de me dire et de me guider, comme il est de mon devoir de t'écouter et de me soumettre, car je ne sais qu'une chose de toi, cher fantôme du Ca' Rezzonico, c'est que tu ne souhaites que moi. Alors, quelques siècles plus tard, je me donne à toi, toute seule et toute entière, depuis ma chaise paillée, dans ma cuisine, lieu de toutes mes orgies charnelles et de nombre de mes ébats, de toutes mes forces, de tous mes râles, de tout mon être, de tous mes spasmes. Je ne sais pas t'écrire, je n'ai que mes entrailles à te léguer et je te supplie, ici même,  de me les prendre, comme une offrande, sur l'autel de ma découverte. Je veux me consumer, encore, encore, encore, jusqu'à te libérer, cher cavalieri servanti, prisonnier des murs de Venise, à tout jamais, mais libre de faire de moi ce que tu voudras...

Par Jade - Communauté : Relations amoureuses
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Mardi 3 novembre 2009


Quatre jours de photos, une journée de travail, et ce nouvel album, à manipuler avec précaution. Négligez le diaporama, il défile trop vite et vous empêcherait de lire mes annotations, quelque peu cachées ou masquées, parce que vénitiennes. Je vous souhaite une magnifique visite de la Sérénissime. Perdez-vous, laissez-vous envoûter, pénétrez les palais et l'agua alta vous engloutira des ses mille délices. Je fus envoûtée par tout ce faste et ce baroque, et le Ca'Rezzonico, haut lieu de perdition, me conta mille histoires d'amours clandestines et de bals masqués. Les murs ont parlé, aujourd'hui, je sais qui je fus et je sais ce que j'ai à vivre. Je vous le conterai tantôt, quand j'aurai recouvré mes esprits, si tant est que je les retrouve un jour, car il me semble bien m'être un peu plus éparpillée, jusqu'à me perdre, dans les tortueuses calli et nombreuses fondamente et lors de cette divine comédie, que l'on aurait pu jouer pour moi, au théâtre de la Fenice. Mais j'aime être perdue, car je me retrouverai, une fois démasquée, par ce cavalieri servanti, celui-là qui me reconnaîtra, sa cortigiana.
Par Jade - Communauté : Relations amoureuses
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mercredi 28 octobre 2009

Je ne vais pas ici vous raconter Venise, comme une vulgaire touriste, car je ne suis point vulgaire et encore moins touriste. De plus, elle et moi, n'avons rendez-vous que dans quarante-huit heures, comment donc vous conter ce que j'ai encore à découvrir. Mais il est une chose qui m'intrigue et ne vous surprendra point, car je n'ai plus de secrets pour vous. Je n'irai pas à Venise comme vous et moi, ou devrais-je dire le commun des mortels, j'irai à Venise telle une courtisane, car Venise fut bien la ville des courtisanes. Je ne veux point vous parler d'amours célèbres, ni de romantisme, ni d'amour sacré, ni même d'amour sublime. Je ne veux point souligner les Georges Sand et les Alfred de Musset, les Lord Byron, les Gabriele d'Annunzio, qui ont donné, certes, ses lettres de noblesse à la cité lacustre. Non, je voulais surtout vous conter Venise et son visage érotique, celui des amours profanes, où notre Cupidon revisité, à l'allure bien plus diabolique qu'angélique, ne vous en déplaise, règne en maître, toujours prêt à décocher ses flèches aux parfums enivrants. Erotisme et libertinage, font penser bien évidemment à Giacomo Casanova ou encore à Giorgio Baffo et à la tradition bien vénitienne des courtisanes, souvent lettrées tout en étant légères. N'oublions pas non plus cette appétissante coutume, un peu plus étonnante, celle du sigisbée, ou du cavalieri servanti, galant des jeunes épouses, souvent plus âgé qu'elles et qui officiait de ses pleins droits avec l'entière bénédiction des maris de celles-ci, qui, plutôt que d'ignorer où se satisferaient leurs belles, préféraient les savoir dans des bras familiers et donc, plus contrôlables. Je vous laisse lire Molmenti, qui, dans son étude sur les moeurs vénitiennes, nous présente le Grand Canal, à la lumière d'un soleil couchant printanier : " Les patriciennes étaient souvent accompagnées par leurs femmes de chambre, et elles échangeaient avec les gentilshommes, qui les suivaient sur une autre gondole, des oeillades et des sourires, nouant des intrigues d'amour dans cette rue unique au monde, entre les palais bruns de marbre, l'eau et le ciel aux riantes couleurs. La nuit, les sérénades parcouraient le Grand Canal, et l'on voyait d'élégantes figures de femmes se dessiner sur les balcons lumineux."
  Quelle douceur d'imaginer quelques instants toutes ces femmes, qui lorsqu'elles étaient de qualité, devaient même être aimées par bon nombre de cavalieri servanti. Alors, que d'audaces, de plaisirs et de souliers usés, puisque nous pouvons lire dans le Diario Veneto, que l'une d'elles, jeune épousée depuis deux mois, usa, au grand étonnement de ses parents et principalement de son mari, sept paires de souliers et deux paires de bottines, cela sans avoir été à aucun bal, ni même à la campagne. Notre Cendrillon vénitienne aurait-elle abusé de trop de princes charmants et de trop de pantoufles ? Avant de m'adonner à d'autres rêveries, il me tient à coeur d'évoquer le carnaval et ses masques, largement bénis des aventuriers et des accros du jeu, pour ne pas vous citer Casanova et Da Ponte. Le ridotto, ancêtre du casino, devenait alors un lieu privilégié pour les rencontres, et des femmes du grand monde, ou du moins grand monde, s'y trouvaient sous le masque, avec lesquelles on pouvait converser, jouer, et faire sa cour. Les entremetteurs de tout poil étaient, pour ce faire, prompts à rendre service, particulièrement aux riches étrangers. Mais attention au masque voisin, sous lequel pouvait se cacher l'espion, ou le mari jaloux, dont les sbires allaient pouvoir suivre avec aisance l'audacieux, et lui réserver quelques surprises. Aux blagues et farces de tout acabit qui aidaient à exorciser tracas et humiliations de la vie quotidienne, s'ajoutaient les intrigues amoureuses et les rencontres discrètes qui se concrétisaient en rendez-vous secrets. Car le respect qui était dû au masque ouvrait toutes les portes, y compris celles des palais et des couvents, tout en garantissant l'incognito. C'est pour cela, que je vais à Venise, m'imprégner de ces lieux qui furent tant fréquentés, de ces palais dont les murs me parleront de nombre d'amours clandestines, de ces campaniles qui ont abrité je ne sais quels rendez-vous secrets, de ces soupirs, que jamais personne ne put confondre avec ceux qui provenaient du pont, mais dont toute la ville résonne encore. Alors, je reviendrai de cette cité enchanteresse, les bras chargés de masques, pour pénétrer incognito tous les palais et les couvents que je rencontrerai, car je fus jadis une courtisane.


Par Jade - Communauté : Relations amoureuses
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 26 octobre 2009

J'aurais voulu naître guerrière, car la paix ne fut jamais pour moi que le pis-aller d'une vie morne et monotone. Que j'eusse été une farouche conquérante ne vous étonnera point, libre de ses choix et de ses combats, qu'aucun consul, ni legatus, n'aurait jamais pu commander, chevauchant les chemins de ma liberté, gravissant chacun de ses abruptes monts et escaladant chacun de ses à-pics vertigineux, de toute ma bravoure et de toute mon audace. J'eus décidé alors de ma pluie et de mon beau temps, du rythme de mes saisons, des événements orageux et des lendemains d'accalmie. Je ne me serais nourrie de rien, si ce n'est de cette liberté. Je n'ai jamais faim, si ce n'est de chair, mais de celle-là même que l'on ne croque pas de toutes ses dents, si l'on n'est pas vampire. Le vent cinglant et cuisant m'eut menée à celui ou celle qui m'aurait attendue, quelque part, à l'orée ou à l'aube de sa vie, à moins que ce ne fut à la tombée de sa destinée. Mais je les aurais sûrement laissés, une fois bien repus, de mes chairs et de mes pensées, pour d'autres à venir et d'autres avenirs. Je suis née guerrière, mais les guerres d'aujourd'hui ne sont plus celles d'hier, et la franchise de certains combats, n'est plus de rigueur. Je suis née guerrière, car en moi résonne l'appel de la victoire et du triomphe. Mais je ne suis pas violente, et je préfère user de l'artifice de mes charmes que de grands discours belliqueux. Je suis une douce guerrière, prête à me donner pour le bien d'autrui, prête à tendre mes deux mains à tous ceux et celles qui les voudront bien, prête à partager tout ce que j'ai, et je n'ai que moi. L'incommensurable force qui m'habite et me porte, tel un colosse, qui me relève dès que je tombe à terre, qui me pousse au crime dès que ma porte est franchie, n'est plus contrôlable. Le glaive que je brandis en vue d'éventuels assaillants à venir, est d'acier et de verbe, et qui voudra s'en approcher, devra bien s'entraîner auparavant. Car je connais quelques passes traîtresses, tout aussi bien qu'inattendues, et qui pourraient en surprendre plus d'un qui viendrait me défier, aussi fourbe soit-il. Mais je n'ai point d'ennemis à ce jour, juste quelques ennuis, qui ne sont pas de viles personnes pour autant. Je n'aime pas la paix et j'aurai à combattre toute ma vie durant, jusqu'au seuil de ma mort, laquelle j'affronterai encore, de toutes mes forces, jusqu'à ce qu'elle me terrasse, mais non sans se souvenir longtemps de ce combat-là, dont elle n'emportera qu'un amer souvenir. Je suis une guerrière, éprise de liberté, dont les cheveux au vent flottent tels ma bannière, dont les muscles affûtés courent à n'en plus finir après ma délivrance, dont les crocs acérés déchirent la vie de leur pleine puissance, dont les yeux, parfois translucides, glacent et pénètrent le plus valeureux gladiateur, celui-là même qui se croyait bien à l'abri. Je suis une guerrière et je sais donc chasser, car il me faut survivre, mais je n'ai point besoin de nourriture terrestre, un idéal me suffit bien et me va tout autant. Je suis en quête, et jamais je ne renoncerai, dussé-je y consacrer ma vie. Il m'est si doux et si clément de m'enivrer de rêves et de chimères jusqu'à réaliser qu'ils sont devenus ma vérité. Car aujourd'hui, ils sont ma vérité.


Par Jade - Communauté : trop dure la vie....
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés